UN HOMME SOUS LE PORCHE
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Quinze
je migre : http://circonscriptions.blogspirit.com/ en espérant atteindre...
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quatorze
Ce qui se passe en mai...en moi...comme des couches supplémentaires de métal chaud, elles s'accumulent sur mon derme innocent...les jours brisés par l'injustice...les jours retenus à un sourire, à la couleur d'un immeuble de la rue de Belleville que le soleil vainqueur retiré derrière ses pluies choisit d'illuminer, les jours suspendus à quelques paroles, quelques caresses, quelques pas dans la rue calme, quelques gestes, quelques secondes...et les jours épris et indigné, les jours de révolte et de haine, les jours d'envie d'en finir et de casser quelque chose, quelqu'un...des images cauchemardesques pénétrant au plus profond des pores...la guerre... là : je pars en Italie avec des enfants dans quelques jours, dans mon collège, les litanies de mesquineries et de malentendus s'égrènent...Ambition Réussite, pour ceux qui connaissent, ou Réussite des ambitions... un verbe : engrener. les enfants me prennent la main de leur gros doigts furieux pour m'emmener dans un monde de tristesse et de résistance, d'habitudes à la douleur et de révendications terribles... Une bière, les fenêtres ouvertes, une émission sur les années de plomb italiennes, de nouvelles lunettes sur le nez, un nouveau pantalon, des copies, mon mail qui défaille, cette espèce de saule que je vois de ma fenêtre qui tremble, les gens dans la rue, en grand nombre aujourd'hui, visitant les ateliers d'artiste de notre cher quartier (je m'y jette demain, j'espère), un bouchon de bouteille de vin, des craies blanches, une maquette d'un voilier, un thonier, des fourmis envahissantes... Monastero dellas Descalzas Reales, Madrid :
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Treize
--matin-- La voisine parle encore sous nos fenêtres et elle rit et elle crie et elle plaisante et tout le quartier en profite. Dans mon peignoir beige en mousse, j'ai l'air d'un vieillard. Mon café fume, ma clope se consume, une colonie de fourmis traverse la balustrade de la fenêtre, le vent joue dans de vieux chiffons sales accrochés, le ciel est gris et bleu et blanc, lumineux. J'ai du travail à la pelle : un monceau de copies, des cours à préparer, des livres à lire, des concours à préparer, par anticipation lointaine. Mais je suis une grosse feignasse aussi. Et j'aime à ne rien faire sous le soleil me dorant le poil... Saison des amours chez les pigeons du coin. Notre habitué, un blanc, étonnamment propre et en état, vient faire la roue et se baisser devant une pigeonne grise. Hier, achats frénétiques de vêtements et de livres, jeu frénétique avec les amis, alcool frénétique, cannabis frénétique, lecture frénétique, informations à en pleuvoir. Il y a plusieurs diables en moi qui ne me lâchent pas. Juré, je dois m'en débarrasser. Ce blog finira par s'appeller : chronique des polytoxicomanies. Chaque rubrique illustrerait mon enfermement... Quelle horreur. --midi-- Pas grand'chose de changé dans le chatoyant spectacle Rien n'a semblé renaître de fins qui se perpétuaient Une identique plastique s'est moulée dans le monde Le vent dans mes pales berçait l'inconsistance Un souffle d'air enfin : ce théâtre me jouait --midi vingt-- Paris m'appelle et les cafés et les vieilles pourries et les enfants insolents et les arsouilles jaunes et les orateurs de bistrot et les escaliers et les boutiques sombres et les lampadaires et les dômes et les tours : acheter Le Canard enchaîné, boire du café, ne pas fumer de joints, corriger mes copies, écrire dans mon cahier, au milieu dans la Ville, oublié.
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--DoUzE--
Le soleil dans le square de Belleville n'a pas effacé les impressions d'un froid intense dans le coeur. Le sourire de ma nièce non plus, pli esquissé sur son visage nourrissant. Les nouvelles du pays sont mauvaises : meurent les hommes âgés, meurent les ascendants, meurent ces repères blêmes que les enfants craignent. Est-ce que le catalpa que des monstres barbares ont éliminé à coup d'acide va renaître dans la cour et revenir pousser nos volets de sa main gracieuse ? Est-ce que la sève saura retrouver un chemin vers la lumière de son rhyzome enfoui entre des pierres et des tombes ? --- Victorieuse saison : printemps froid en Corrèze , eaux de la Vézère fuyantes, elles charrient tout, sauf ma peine.
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on ze
De ce soleil blanc, mes yeux ne retiennent rien sinon l'absence et le délire. Les heures passées à noyer son regard dans le ciel, sur les contours des nuages, dans leur masse auraient-elles abîmé ma vue ? Le silence aurait-il irrémédiablement perdu la parole ? Mon repos aurait-il à jamais déconsidéré l'énergie ? La contemplation m'est un cher défaut. Un souvenir d'enfance particulièrement émouvant. Une plongée dans ce que je creusais déjà comme étang de décès. Enfant, j'ai passé plus d'heures seul face à la nature qu'à regarder les hommes autour de moi. Petit, j'y cherchais ma grandeur. Cela se composait ainsi : une rivière, un pont de bois à vaches, moulu, impraticable en véhicule, un champ de maïs, un pré humide, un lot de blé, un jardin tout en longueur qu'un chemin boueux borde, des arbres alignés autour de l'eau, des saules, des noisetiers, des bamboux, des peupliers, des plantes à serpents, des plantes d'eau, violemment vertes, enlacées, cachettes multiples pour les bêtes. Un vélo, une canne à pêche, un seau, des sandales, un tee shirt, des cigarettes volées à mes parents (je n'en fumai jamais), et mes livres que j'enveloppais dans un chiffon, ayant peur, (je ne les ai jamais mouillés) de leur dégradation par l'activité que je croyais exercer, celle de traqueur de brochets, de carpes, d'anguilles. Le soleil ne me faisait aucun mal : je le regardais hardiment. Et le ciel était un matelas de pensées et de rêves et d'échappées...
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- D ° I ° X -
Les vacances sont arrivées. La possibilité de me mettre dehors et d'attendre. Celle de quitter la ville quelques temps. Celle d'un temps qui se repense lentement. ----------------- Nous dormons si longtemps. Nous attendons la réparation avec tant d'espoir, tant de désir d'en finir avec la fatigue de vivre. Tel un talisman, le sommeil me lutte, me butte.... ---------------- J'écoute la radio, le ciel est blanc, la voisine m'a réveillé ce matin, personne dans les rues, je vais sortir, je suis autour de moi et je n'en peux plus, j'accorde ma voix dans la douche, j'étale mon plan de victuailles, le disque rayé me tente... ---------------- Un désir aussi que tout éclate, que tombent les masques, que bombent les masses des cris sur les murs, enfin, que je me sente moins seul à caresser l'idée d'une révolution.
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neuf
Bon, il est plus que temps... ...l'hiver est mal passé... ...l'air est plus chaud... ...je ne tremble pas. *** J'écoute Les papous dans la tête. Une chanteuse lyrique y reprend les Beatles. Il pleut sur Paris. Grise et tendue, la ville. Des cris dans le fond de l'impasse. Des vols d'oiseaux. Je suis encore épuisé. Ce qui se passe en ce moment, au niveau social, me rend, j'en confesse, presque fou, énervé, surexcité, inquiet, en permanence. Je sais que mon esprit, malgré toute sa fraîcheur et son envie, est une feuille apeurée, et je sais que ces dernières semaines, il s'épouvante et crie miséricorde. ***
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